new texts (german/french)

KATHARINA RAZUMOVSKY: Neue Arbeiten 2014-16

Katharina Razumovskys Arbeiten waren und sind stets Resultate intensiven künstlerischen Experimentierens, des praktischen Erforschens von Prozessen, in denen Gedanken-und Gefühlszusammenhänge ästhetisch erfahrbar werden. Hierbei bedient sich die Künstlerin unterschiedlichster Techniken und Medien, von der Skulptur über Installationen und von Projekten im öffentlichen Raum bis hin zu ihrem eigentlichen Lieblingsmedium, der Malerei.

Heute und seit ca zwei Jahren widmet sich Katharina Razumovsky fast exklusiv dem Malen und kehrt hierbei, nach Jahren des Figurativen, zurück zur Abstraktion. kleinfensterrosaDie Künstlerin konzentriert sich darauf, die potentielle Energie von Farbe, von  Form und von der Leinwand selbst zum Leben zu erwecken und setzt dabei auch auf die Kraft kreativer Zerstörung: In ihren neuen Arbeiten  schneidet sie einen oder mehrere Teile des Bildes heraus, und verschließt diese mit einer feinen, transparenten Schicht, um eben diese Lücken in das Zentrum der Komposition zu rücken. Es ist, als läge die Leimschicht, mit der die Leinwand vorgrundiert wurde, bloß, und als sei der Stoff selber vorsichtig entfernt worden. Die Aussparungen werden dabei zu Fenstern und glänzenden transparenten Flächen, deren Gewebe in seiner Struktur dem der Leinwand gleicht, und der somit in einen visuellen Dialog mit den bemalten Flächen tritt.

Die neuen Arbeiten bilden Familien: Während einige bewusst den Prinzipien der Natur nachspüren (Natur-Studien) und in den spiegelnden Stellen der Kunstharz-Einsätze Wasserflächen oder den Himmel erahnen lassen, konzentrieren sich andere darauf, die intensive Aussage-Kraft von Leere spürbar zu machen (équilibres), um auch inhaltlich ein Gleichgewicht herzustellen zwischen den fehlenden Stellen  und der  sie umgebenden Farbfläche. Hier brechen große Fenster die vibrierende monochrome Fläche auf und erlauben es, der dritten Dimension Einzug zu halten.

Eine andere Familie wiederum bilden die russischen Erinnerungen (russian memories).

russian memories, oil, epoxy on canvas, 40 x 30

Es sind Muster, die assoziativ Erinnerungen an die langen Jahre in Russland wachrufen, an die Redundanz der Motive der russischen Volkskunst, durch die Geschichten erzählt werden und Landschaften entstehen.  Eine weitere Werkgruppe lädt den Betrachter ein, vor einen Sonnenuntergang zu treten  (we create the world), der aus einfachsten Elementen besteht und jeder Perspektive entbehrt. Nichts wird dem Betrachter geboten, an dem seine Imagination das projizierte Bild festmachen könnte und das zentrale Element ist genau jenes, das fehlt. Der Mangel an objektiv Dargestelltem verrät seinen Sinn darin, dass er selber auf den Betrachter als Urheber jeglicher Interpretation verweist.

In allen neuen Arbeiten geht das Fehlen, das Schweigen, die Abwesenheit, die Negation in ein Zwiegespräch ein mit der affirmativen Kraft leuchtender, vibrierender Farbe und lebendiger Muster und Formen: erst in diesem dialektischen Prozess entsteht das, was wirklich wichtig und bedeutsam ist. Die ästhetische Erfahrung der Kunst lässt diesen dialektischen Prozess entstehen und gibt ihm einen Raum. Es ist ein Raum, der, weil er schön ist, uns einlädt, in ihn hineinzutreten und dort zu verweilen.

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KATHARINA RAZUMOVSKY: travaux nouveaux 2014-16

Les travaux de KR sont toujours le résultat de toute une suite d´expérimentations pratiques, qui visent à trouver le meilleur moyen pour donner vie, en initiant une expérience esthétique spécifique,  à une certaine idée, une certaine sensation encore vague,  un certain état d´esprit auparavant sans forme…Dans cette recherche, Katharina Razumovsky se sert autant de la sculpture, de l´installation et de la performance que de son médium préféré, la peinture.

Depuis près de deux ans et après des années de peinture figurative, c´est essentiellement par le biais de la peinture abstraite que s´exprime cette démarche. L´artiste rend tangible l´énergie de la forme, de la couleur et de la toile elle même et se se sert, pour ce faire, de la force évocatrice de la destruction: elle découpe dans la toile une ou plusieurs parties plus ou moins grandes, pour n´y laisser qu´un voile brillant et transparent, comme si après un épluchement des couches, il  ne restait que la colle, avec laquelle a été préparée la toile.

Les nouvelles peintures forment des familles: certaines rendent visibles les principes de la nature, le courant des eaux, le mouvement des plantes et des astres dans un ciel de nuit (nature studies). D´autres tentent de laisser résonner la voix du silence et  de „ce qui manque“: c´est ici que s´établit un équilibre entre les plans découpés et la couleur monochrome et vibrante qui les entoure. (équilibres)

Un tout autre groupe est formé par des motifs répétés, motifs qui évoquent des formes de l´art artisanal de la Russie et qui parlent des souvenirs de paysages, de forêts, de traditions de ce pays (et peut-être de tout autre) pays lointain. (russian memomies).

SUred 200 x 180, 2016

SUred 200 x 180, 2016

Une autre famille est formée par des invitations au voyage: les tableaux montrent un coucher de soleil, l´un sur la mer, un autre sur un champs fleuri, un troisième encore sur un paysage de forêts, et ces paysages sont faits d´éléments simples, de couleurs, d´un trait et, essentiellement, d´un espace manquant. Rien n´est donné au spectateur qui puisse lui rappeler un paysage réel, et tout effet de perspective lui fait défaut. Mais c´est bien ce manque de „sens“ lisible de l´image qui constitue son sens profond: il renvoie celui qui imagine à lui même comme auteur de sa vision.

Ainsi c´est dans ces oeuvres, comme dans tous les nouveaux tableaux de l´artiste, que s´établit un échange dialectique entre le silence, la négation, la réfutation de toute affirmation et les couleurs et formes puissantes, émotives et évocatrices qui les entourent.  Ce n´est que dans cette dialectique que naît le sens profond de notre vie et de notre monde:  l´art donne à cette expérience un lieu, un espace qui est beau, et qui, par sa beauté, nous invite à séjourner et à y ressentir le bonheur de l´être.

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baroque III, Oil, epoxy on canvas, 185 x 200, 2015

baroque IV, Oil, epoxy on canvas, 185 x 200, 201

BAROQUE_21

Est beau ce qui, d ́après Kant, enclenche un libre jeu entre l ́imaginaire et l ́entendement, en offrant à notre raisonnement et à notre fantaisie une riche matière. „Baroque“ signifiait à l ́origine „aux formes excentriques“, en parlant de perles irrégulières qui inciteraient notre esprit autant que notre imagination. Nous voyons un ciel aux couleurs pastels, un libre jeu de couleurs et de formes indéfinies qui, elles, rappellent vaguement de grandes perles…quoi d´autre pourraient-elles représenter? Le libre jeu de cette contemplation outrepasse les limites que nous imposent les règles de nos concepts.

Certes, l ́art est redevable non seulement à la beauté, mais aussi à la vérité et à la réconciliation. Celle-ci est indispensable, puisque la vérité sur les mortels blesse et fait souffrir. La réconciliation avec la vérité elle même est nécessaire mais aussi avec les blessures que cette vérité nous inflige et nous a toujours  infligées.

Nous voyons un ciel découvert mais nous ne percevons pas le paradis. Les fenêtres célestes sont des entailles dans la texture de la toile. Non pas, il est vrai, des blessures récentes, mais plus anciennes, bien soignées, en quelque sorte presques guéries. L´ancien combat que mène la critique de la religion avec toute tentative de consolation insipide et vaine mais aussi avec cette menace crue de damnation, le combat entre les cieux et l ́enfer, est achevé. Entre le ciel et l ́enfer il subsiste cela: la terre, notre place pour vivre, bâtir, penser.

Dans le quadrangulaire Platonique (ou Heideggerien) du ciel et de la terre, du mortel et du divin, il est bon de vivre, si seulement les signes divins – et c ́est bien cela, l ́art – ne font pas défaut et que l ́art accomplit son oeuvre comme il le sait faire. La réussite et le succès de l ́art dépendent de sa beauté: rien n ́est plus beau que le Beau – et là où la beauté triomphe nous sommes réconciliés avec la vérité dans toute son implacable rigueur et toute sa cruauté. Reculons donc et laissons nous emporter librement par les peintures du baroque 21, dans cette oscillation entre l ́ indétermination quasi figurative et l ́abstraction, entre ces plans aux maintes couleurs et ces percées dans la troisième dimension. Et alors, dans ce suspens, elle se déploie, en toute liberté, la beauté pure.

Anton Friedrich Koch, Heidelberg (traduction K.R.)

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BAROQUE_21

Schön ist nach Kant, was die Imagination und den Verstand in ein freies Spiel bringt und dabei viel vorzustellen und viel zu denken gibt. Barock heißt ursprünglich schief, bezeichnet schiefe Perlen, die viel vorzustellen und viel zu denken geben. Wir sehen einen pastellfarbenen Himmel im freien Spiel der Farben und ihrer Formen mit großen Perlen, die das Pastellfarbene unterbrechen. Was außer Perlen könnte das sonst noch sein? Dem freien Spiel ist keine Grenze durch begriffliche Regeln gesetzt.

Aber die Kunst ist nicht nur der Schönheit, sondern auch der Wahrheit und der Versöhnung verpflichtet. Weil die

baroque II, oil, epoxy on canvas, 200 x 220, 2015

baroque II, oil, epoxy on canvas, 200 x 220, 2015

Wahrheit über die Sterblichen verwundet und schmerzt, tut Versöhnung not, Versöhnung zumal mit der Wahrheit selbst und Heilung der Wunden, die sie uns schlug. Wir sehen den Himmel geöffnet, aber wir schauen nicht ins Paradies. Die Himmelsfenster sind vielmehr Schnittwunden in der Textur der Leinwand. Nicht frische Wunden indes, sondern ältere, gut versorgte, fast schon geheilte Wunden. Der alte Kampf der Religionskritik gegen schalen Trost und krude Drohung, der Kampf um Himmel (heaven) und Hölle, ist vorbei. Zwischen Himmel und Hölle bleibt: die Erde, unser Ort zum Wohnen, Bauen, Denken.

Im Platonischen Geviert (oder Heideggerschen Geviert) von Himmel (sky) und Erde, Sterblichen und Göttlichen könnte gut Wohnen sein, sofern die Winke der Göttlichen – das aber ist die Kunst – nicht ausbleiben und die Kunst ihr Werk gut verrichtet. Ihr Erfolgskriterium ist die Schönheit; nichts ist schöner als das Schöne, und wo es triumphiert, sind wir mit der Härte der Wahrheit versöhnt. Treten wir also einen Schritt zurück und lassen die Bilder des Baroque 2015 zwischen vieldeutig Fast-Gegenständlichem und einfach Ungegenständlichem und zwischen der farbigen Fläche und den Durchbrüchen ins Dreidimensionale frei oszillieren. Dann, im freien Schweben, stellt sich alsbald ein die reine Schönheit.

Anton Friedrich Koch, Heidelberg