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baroque III, Oil, epoxy on canvas, 185 x 200, 2015 baroque IV, Oil, epoxy on canvas, 185 x 200, 201[/caption]

BAROQUE_21

Est beau ce qui, d ́après Kant, enclenche un libre jeu entre l ́imaginaire et l’entendement, en offrant à notre raisonnement et à notre fantaisie une riche matière. „Baroque“ signifiait à l’origine „aux formes excentriques“, en parlant de perles irrégulières qui inciteraient notre esprit autant que notre imagination. Nous voyons un ciel aux couleurs pastels, un libre jeu de couleurs et de formes indéfinies qui, elles, rappellent vaguement de grandes perles…quoi d´autre pourraient-elles représenter? Le libre jeu de cette contemplation outrepasse les limites que nous imposent les règles de nos concepts.

Certes, l’art est redevable non seulement à la beauté, mais aussi à la vérité et à la réconciliation. Celle-ci est indispensable, puisque la vérité sur les mortels blesse et fait souffrir. La réconciliation avec la vérité elle même est nécessaire mais aussi avec les blessures que cette vérité nous inflige et nous a toujours  infligées.

Nous voyons un ciel découvert mais nous ne percevons pas le paradis. Les fenêtres célestes sont des entailles dans la texture de la toile. Non pas, il est vrai, des blessures récentes, mais plus anciennes, bien soignées, en quelque sorte presque guéries. L’ancien combat que mène la critique de la religion contre toute tentative de consolation insipide et vaine mais aussi contre cette menace crue de damnation, le combat entre les cieux et l’enfer, est achevé. Entre le ciel et l ́enfer il subsiste cela: la terre, notre place pour vivre, bâtir, penser.

Dans le quadrangulaire Platonique (ou Heideggerien) du ciel et de la terre, du mortel et du divin, il est bon de vivre, si seulement les signes divins – et c ́est bien cela, l’art – ne font pas défaut et que l ́art accomplit son oeuvre comme il le sait faire. La réussite et le succès de l’art dépendent de sa beauté: rien n ́est plus beau que le Beau – et là où la beauté triomphe nous sommes réconciliés avec la vérité dans toute son implacable rigueur et toute sa cruauté. Reculons donc et laissons nous emporter librement par les peintures du baroque 21, dans cette oscillation entre l’indétermination quasi figurative et l’abstraction, entre ces plans aux maintes couleurs et ces percées dans la troisième dimension. Et alors, dans ce suspens, elle se déploie, en toute liberté, la beauté pure.

Anton Friedrich Koch, Heidelberg (traduction K.R.)

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BAROQUE_21

Schön ist nach Kant, was die Imagination und den Verstand in ein freies Spiel bringt und dabei viel vorzustellen und viel zu denken gibt. Barock heißt ursprünglich schief, bezeichnet schiefe Perlen, die viel vorzustellen und viel zu denken geben. Wir sehen einen pastellfarbenen Himmel im freien Spiel der Farben und ihrer Formen mit großen Perlen, die das Pastellfarbene unterbrechen. Was außer Perlen könnte das sonst noch sein? Dem freien Spiel ist keine Grenze durch begriffliche Regeln gesetzt.

Aber die Kunst ist nicht nur der Schönheit, sondern auch der Wahrheit und der Versöhnung verpflichtet. Weil die

baroque II, oil, epoxy on canvas, 200 x 220, 2015

baroque II, oil, epoxy on canvas, 200 x 220, 2015

Wahrheit über die Sterblichen verwundet und schmerzt, tut Versöhnung not, Versöhnung zumal mit der Wahrheit selbst und Heilung der Wunden, die sie uns schlug. Wir sehen den Himmel geöffnet, aber wir schauen nicht ins Paradies. Die Himmelsfenster sind vielmehr Schnittwunden in der Textur der Leinwand. Nicht frische Wunden indes, sondern ältere, gut versorgte, fast schon geheilte Wunden. Der alte Kampf der Religionskritik gegen schalen Trost und krude Drohung, der Kampf um Himmel (heaven) und Hölle, ist vorbei. Zwischen Himmel und Hölle bleibt: die Erde, unser Ort zum Wohnen, Bauen, Denken.

Im Platonischen Geviert (oder Heideggerschen Geviert) von Himmel (sky) und Erde, Sterblichen und Göttlichen könnte gut Wohnen sein, sofern die Winke der Göttlichen – das aber ist die Kunst – nicht ausbleiben und die Kunst ihr Werk gut verrichtet. Ihr Erfolgskriterium ist die Schönheit; nichts ist schöner als das Schöne, und wo es triumphiert, sind wir mit der Härte der Wahrheit versöhnt. Treten wir also einen Schritt zurück und lassen die Bilder des Baroque 2015 zwischen vieldeutig Fast-Gegenständlichem und einfach Ungegenständlichem und zwischen der farbigen Fläche und den Durchbrüchen ins Dreidimensionale frei oszillieren. Dann, im freien Schweben, stellt sich alsbald ein die reine Schönheit.

Anton Friedrich Koch, Heidelberg